L’apport de la sophrologie dans la prise en charge des troubles alimentaires
(anorexie, boulimie, hyperphagie et autres..)

« Depuis l’aube des âges, à poursuivre sa nourriture, l’humanité a tracé les chemins de la connaissance du monde. La faim a été le moteur de sa marche en avant. Elle reste la source de toutes ses énergies, bonnes ou mauvaises, le motif de ses progrès, l’origine de ses conflits, l’alibi de sa conscience, la monnaie de sa peine » Maguelonne Toussaint
Les TCA ne sont pas la conséquence d’un manque de volonté, on ne les choisit pas, ils s’imposent à nous comme une réponse, on les subit. Pour autant, il est possible de les apaiser, de les apprivoiser
S’intéresser aux troubles des conduites alimentaires permet d’observer de quelles façons les processus psychiques et somatiques s’influencent mutuellement leurs conséquences à long terme, leur coût en soin de santé et leur impact sur la qualité de vie en font de graves troubles pathologiques reconnus et répertoriés dan s le DSM (manuel diagnostique de référence en psychiatrie, de diagnostique et statistiques des troubles mentaux).
Ceci ne signifie pas que ceux qui en souffrent soient « fous ». On ne choisit pas la réponse qu’on donnera à une tension émotionnelle. On ne choisit pas de devenir anorexique,on ne choisit pas de céder à des crises de boulimies ni de ne plus pouvoir s’arrêter de manger.
Le soin, en établissement ou en libéral, devra être régulier et s’étaler sur une longue période. Il est indispensable que ce temps soit accompagné d’une réelle qualité d’écoute de l’entourage des personnes porteuses de ce trouble. Au risque de renforcer, si ce n’est pas le cas, pour un temps, leurs difficultés et leurs résistances.
En présence de ces pathologies, il semble essentiel que les thérapies intègrent un travail corporel afin de parvenir à réinvestir le corps, à ne plus le martyriser, à lâcher un peu de ce contrôle si important pour ces patientes, à se réconcilier avec la féminité et l’apprivoiser.
Grâce à la sophrologie, en sollicitant ainsi des affects diversifiés et en les exprimant dans des récits, le corps et l’esprit apprennent à faire des liens, le patient se surprend à dénouer, reformuler, reconstruire puis créer sa vie future.
La formation
Nous proposons un module de spécialisation qui explorera les différents troubles, leurs symptomes et conséquences, tant somatiques que psychologiques, comportementales et sociales.
Nous détaillerons les différentes thérapeutiques existantes, les lieux d’accueil et de soins et, bien entendu, nous construirons ensemble, des séances de sophrologies adaptées.
Le soin individuel à l’IPEES
Déroulement des séances :
Lors des séances de thérapie, j’utilise l’entretien clinique suivi d’un travail corporel pour terminer sur le recueil du vécu. Le cadre de la séance est mis en place conjointement avec le patient(e), il doit être clair et bien défini
La sophrologie favorisera la reprise de conscience du schéma corporel (souvent très perturbé) et des éprouvés qui s’y trouvent Les patients on parfois l’impression de ne pas savoir où commence et où finit leur corps, comme un corps fantôme.
- Nous travaillerons ensuite sur la honte, l’emprise et la culpabilité : la honte est toujours consciente et présente dans les troubles boulimiques ou hyperphagiques. la crise boulimique est le symptôme, elle représente à la fois la maladie et un aspect de la guérison. Elle sert souvent de béquille affective, de repère temporel de rythme et de cadre. Malgré la honte et l’emprise les patients au départ en ont encore besoin et il ne sert à rien de vouloir les éliminer rapidement. Dans le trouble anorexique, le déni est bien plus présent que la honte.
- Au fil des séances les patient(e)s prendront du recul par rapport à leur façon de s’alimenter qu’elles pourront désormais observer et analyser. Petite à petit elles apprendront à différer le passage à l’acte ou à retrouver, essentiellement dansle trouble anorexique un certain goût à se nourrir.
- Un autre travail sera comme le dit Cyrulnik de retrouver « un certain goût au monde » et la fonction plaisir de la nourriture au travers d’un travail sur les cinq sens. Se nourrir, manger et non pas dévorer, pour appartenir à une société humaine, pour retrouver la joie, la confiance en soi et en la vie,. Pour se sentir prêt à affonter les situations à venir.
Les visualisations sophrologiques permettront d’anticiper un repas et surtout son assimilation. Pouvoir enfin se dire que l’aliment n’est pas un corps étranger intrusif et choisir consciemment de le rendre semblable à soi.
- Les patient(e)s retrouveront doucement la capacité à rêver qui est une avancée de la guérison et constateront que les images des séances pourront perdurer sur une autre séance.
- Puis tranquillement s’amorcera la réconciliation avec la féminité ou masculinité, la sexualité et la parentalité.
Devenir sophrologue nécessite de se renseigner sur les différentes pathologies existantes et d’adapter les séances à chacune d’elles.


